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Histoire

....de la Dordogne.
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Fresque de la grotte de Lascaux - MONTIGNAC

 

 

LE DEPARTEMENT

DE LA

DORDOGNE

 

 

I - Le cadre administratif : de la province à la région

Une personnalité affirmée dans un espace anciennement défini

Le département de la Dordogne, créé par la Révolution en 1790, reprend globalement les frontières d’une région à la personnalité ancienne et affirmée qui perdure de la cité gallo-romaine et du comté de Périgord à la province d’ancien régime. En 1792, le rattachement, à leur demande, de 11 communes donne au département son assise définitive.

Des modifications administratives limitées

Aux 9 districts de la Constituante, (Nontron, Excideuil, Montignac, Sarlat, Belvès, Bergerac, Montpon, Ribérac, Périgueux) succèdent 5 arrondissements communaux : Périgueux, Bergerac, Sarlat, Nontron et Ribérac –qui disparaîtra en 1926- qui aboutiront au découpage actuel.

En septembre 1791, le chef-lieu est définitivement fixé à Périgueux après les tentatives d’ « alternance » des réunions de l’assemblée départementale à Périgueux, Sarlat et Bergerac.

L’inscription dans la région

Troisième département de France en superficie, le département appartient depuis 1972 à la région Aquitaine. Situé à la frontière de la région, il est limitrophe de la région Limousin avec la Haute-Vienne et la Corrèze , de la région Midi-Pyrénées avec le département du Lot, de la région Poitou-Charente avec la Charente et la Charente-maritime.
En Aquitaine, il a des frontières communes avec la Gironde et le Lot-et-Garonne.

II - Une histoire mouvementée : l’origine d’un riche patrimoine

Le département par excellence de la préhistoire

« La région du Périgord est, sans contredit, la plus riche de France, et même d’Europe, en vestiges des temps préhistoriques, surtout d’ailleurs en ce qui concerne le paléolithique (époque de la pierre taillée) » écrivait en 1970 le préhistorien F. Bordes.
La présence de l’homme est assurément très ancienne ; si son industrie est présente au-delà d’un million d’années près de Périgueux, elle devient abondante dans la région à partir de 400 000 ans et, rythmée par les grandes glaciations, accompagne la succession des types humains et l’évolution des techniques jusqu’à la fin du paléolithique.
La fouille des gisements, en particulier les abris sous roche dans les vallées, fournira dès le 19ème siècle les grands cadres de la préhistoire européenne. Les sites de la région des Eyzies donneront ainsi leurs noms à diverses cultures : moustérien, magdalénien, périgordien… Les premiers hommes « modernes » identifiés en France le seront près des Eyzies, dans le site éponyme de Cro-Magnon.
Cette richesse reconnue mondialement s’affirme dans les grottes ornées (Lascaux…) et dans le musée national de la préhistoire des Eyzies.

La paix romaine

L’intégration dans l’Empire Romain laissera à Périgueux un riche patrimoine architectural et mobilier présenté aujourd’hui dans le musée de site de Vésuna .

Une région frontière au Moyen-Age

Le Périgord se situera, à la suite du mariage d’Alienor d’Aquitaine avec Henri Plantagenet, sur la frontière mouvante qui, du XII e au XV e siècle, séparera la France royale du duché d’Aquitaine relevant de la couronne d’Angleterre. Au riche héritage architectural lié à la vie religieuse, (églises, abbayes, prieurés) s’ajoutent les bastides dues aux rivalités territoriales et militaires des deux royaumes.

Du seixième siècle à nos jours : développement et difficultés dans le cadre national

Le Périgord suivra le destin national en conservant son caractère propre. Il connaîtra le développement matériel et culturel de la Renaissance qui laissera un riche patrimoine architectural dans les campagnes et dans les villes de Périgueux et Sarlat. Il souffrira des troubles liés aux guerres de religions et aux soulèvements des « croquants » qui, de manière récurrente, agiteront les campagnes au XVIIe siècle .

Le XIXe siècle et les débuts de la IIIe République seront marqués par les difficultés de l’agriculture comme par la disparition de l’industrie traditionnelle des forges en milieu rural que relayera l’industrialisation des centres urbains liée en partie au chemin de fer. Frappé comme d’autres par l’exode rural, le département perdra de 1866 à 1911, 13 % de sa population. Les deux guerres mondiales et les difficultés économiques pèseront lourdement sur la Démographie : entre 1911 et 1921, le département perdra ainsi 40 000 habitants. La seconde guerre mondiale provoquera la mort de plus de 1 800 personnes dans un département où la Résistance fut active. On ne saurait oublier l’influence de fortes personnalités pendant cette longue période, qu’il s’agisse d’hommes de lettres, de politiques ou d’administratifs : Pierre de Bourdeilles, Etienne de La Boétie, Michel de Montaigne pour le XVIe siècle ; Fènelon pour le XVIIe, Lakanal, Maine de Biran, Bugeaud, Louis Magne, Eugène Le Roy pour le XIXe ; Yvan Delbos et Suzanne Lacorre pour le XXème siècle.

III - LA DORDOGNE AUJOURD’HUI : DEVELOPPEMENT ET PROBLEMES

La population : espoir et difficultés

L’exode rural et les difficultés économiques ont amené après un maximum de population de 505 789 habitants en 1851 une décroissance régulière de la population jusqu’en 1975 : 372 228 habitants. A partir du recensement de 1982, une croissance limitée mais nette s’affirme, due davantage à un solde migratoire positif qu’à un solde naturel négatif. En 2005, le chiffre de la population s’élève à 401 000 (population estimée au 1er janvier 2005)

Ce phénomène positif pose pour l’avenir deux problèmes : la réponse au vieillissement de la population en termes d’actions et d’équipements le déséquilibre entre l’évolution positive des zones urbaines et la désertification du monde rural.

L’agriculture : héritages et mutations

Le paysage agricole est marqué, au-delà de l’emprise de la forêt qui représente environ 5O % de la superficie départementale, par la variété des terroirs liée à la géologie et à l’histoire.

Traditionnellement on distingue :

- le Périgord Vert proche par ses paysages et ses activités du Limousin : domaine des cultures fourragères et de l’élevage bovin et ovin. Le Parc Naturel Régional Périgord-Limousin présente et souligne l’originalité de la région.

- le Périgord Central prolongé à l’ouest par les collines du Ribéracois, domaine des cultures céréalières, traversé par les grandes vallées de l’Isle et de ses affluents.

- le Périgord Noir, largement boisé, domaine de la polyculture et des spécialisations traditionnelles : élevage des palmipèdes, tabac…

- le Bergeracois ou Périgord Pourpre, domaine de la vigne et des vergers. A ce tableau traditionnel s’ajoutent les spécialisations plus récentes : vergers du nord-est, fraises du Périgord central, en particulier dans la région de Vergt.

Comme dans d’autres départements ruraux du Sud-Ouest, l’agriculture se voit poser des problèmes récurrents : relève des exploitants, débouchés de produits dont la qualité est reconnue.

L’industrie : crises et rénovation

L’histoire et tout particulièrement les moyens de transport ont localisé les industries, à la suite de la crise des industries traditionnelles, à la fin du XIXe siècle, dans des zones spécifiques :

- Périgueux et la vallée de l’Isle à l’ouest du chef-lieu Bergerac et la zone située en amont de cette ville

- Terrasson et Le Lardin au contact du bassin de Brive

C’est le domaine de la chimie, des industries mécaniques et électroniques qui regroupent quelques entreprises de grande taille dans un domaine de petites et de moyennes entreprises.
La crise des années 1980 a laissé subsister des implantations ponctuelles, auxquelles s’ajoutent les implantations traditionnelles, diffuses dans le milieu rural : bois et agro-alimentaire.
L’industrie comme ailleurs dans le Sud-Ouest connaît des difficultés liées à l’apparition de concurrents nouveaux, à la faiblesse parfois des moyens de rénovation et à la prégnance de décideurs extérieurs au département. L’amélioration des voies de communication, en particulier l’ouverture complète de l’autoroute A89 entre Clermont-Ferrand et Bordeaux, devrait favoriser initiatives et développement .

Le tourisme : une activité en expansion

Lié à l’héritage patrimonial, à la beauté des paysages et à l’attrait d’une évidente douceur de vivre, il attire en Dordogne plus d’un million et demi de touristes.
Leur accueil, qui prend des formes multiples (hôtels, chambres d’hôtes, campings…) favorise la valorisation des produits du terroir et permet l’existence de plus de 5 000 emplois permanents.
Il est l’objet d’investissements publics et privés multiples. Au-delà du pôle dominant du Périgord Noir des efforts sont à développer et à poursuivre pour intéresser à cette activité l’ensemble du département.

BIBLIOGRAPHIE :
Le Périgord Paul Fènelon -thèse 1951
Guide Vert Périgord – Quercy 2004
Guide Périgord-Quercy MAIF 1970
article de R. Pijassou, professeur émérite à l’université Michel de Montaigne
article de F. Bordes, professeur à la faculté de Bordeaux
Atlas de la Dordogne-Périgord, Patrick Ranoux, ouvrage publié à compte d’auteur 24110 Montrem
Les premiers peuplements de l’Europe 2002, E. Bonifay, La maison des roches.
Last modified: 07/02/2007 03:45 PM

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